On connaît peu de choses sur les premières années de la vie de saint Aurèle. Il apparaît toutefois comme diacre à Carthage à la fin du IVᵉ siècle, avant d’être choisi pour succéder à l’évêque de cette importante cité d’Afrique du Nord. Il gouverna le siège de Carthage de 392 à 430, selon le martyrologe et les notices consacrées à sa mémoire.À cette époque, l’Église d’Afrique comptait plusieurs centaines d’évêques et jouait un rôle majeur dans la vie de la chrétienté occidentale. L’évêque de Carthage exerçait donc une influence considérable sur les communautés chrétiennes de la région. Saint Aurèle assuma cette responsabilité avec le souci de préserver l’unité de l’Église et la fidélité à la doctrine reçue.
Il fut notamment l’un des principaux adversaires du donatisme, un schisme né en Afrique du Nord au début du IVᵉ siècle. Les donatistes contestaient notamment la validité des sacrements célébrés par des ministres qui avaient renié leur foi durant les persécutions. Avec saint Augustin, Aurèle défendit l’unité visible de l’Église et rappela que l’efficacité des sacrements reposait d’abord sur le Christ, et non sur la perfection personnelle de celui qui les administrait.
Saint Aurèle entretint avec saint Augustin une amitié profonde et une collaboration étroite. L’évêque d’Hippone participa à plusieurs assemblées réunies à Carthage et apporta son soutien à l’action pastorale de son confrère. D’après la tradition rapportée, saint Aurèle réunit plus de trente conciles afin de répondre aux divisions doctrinales et aux difficultés disciplinaires qui traversaient alors l’Église africaine.Il prit également position contre le pélagianisme, une doctrine qui minimisait la nécessité de la grâce divine dans le salut. Les évêques africains, réunis notamment à Carthage, contribuèrent à la condamnation de cette erreur et à la clarification de l’enseignement chrétien sur le péché, la grâce et la liberté humaine.
Le ministère de saint Aurèle ne se limita pas aux débats théologiques. Il veilla aussi à la formation du clergé, à la discipline des communautés et à la dignité du culte. Il encouragea la mémoire des martyrs, témoins de la foi chrétienne en Afrique, et participa à l’enracinement de leur vénération dans la liturgie de l’Église.Saint Aurèle mourut vers 430, à une époque où l’Afrique romaine allait bientôt être bouleversée par l’invasion vandale. Il est honoré le 20 juillet. Son parcours demeure celui d’un évêque soucieux de transmettre la foi, de maintenir l’unité ecclésiale et de conduire son peuple dans une période marquée par les divisions et les crises doctrinales.


