Quel message est envoyé à ceux qui souffrent, à ceux qui craignent de devenir un poids pour leurs proches ou pour la société ? Lorsque les températures grimpent, que les services de santé sont sous tension et que les familles redoublent d’attention envers les plus vulnérables, la priorité devrait être de renforcer la solidarité, les soins et l’accompagnement. Au lieu de cela, certains responsables politiques semblent considérer qu’il faut accélérer une loi qui permettra, dans certaines conditions, de provoquer délibérément la mort.
Voilà sans doute le véritable visage de cette réforme.
Depuis des mois, ses promoteurs assurent qu’il ne s’agit ni d’euthanasie ni de suicide assisté, mais d’une simple « aide à mourir ». Pourtant, derrière cette expression soigneusement choisie, le texte prévoit bien qu’une substance létale puisse être administrée à un patient ou, lorsqu’il n’est plus en mesure de le faire lui-même, par un médecin ou un infirmier. Changer les mots ne change pas la réalité.
Plus inquiétant encore, le texte n’a cessé d’évoluer au fil des débats parlementaires. La référence à un pronostic vital engagé à court terme a disparu au profit de critères beaucoup plus larges, comme la notion de « phase avancée » d’une maladie. Beaucoup y voient les prémices d’un élargissement progressif des conditions d’accès, comme cela s’est produit dans plusieurs pays ayant légalisé l’euthanasie. Pendant ce temps, la France demeure très en retard dans le développement des soins palliatifs. Des milliers de patients n’y ont toujours pas accès, faute de structures ou de personnels suffisants. Avant d’organiser légalement la possibilité de donner la mort, ne faudrait-il pas garantir à chacun le droit d’être soulagé, accompagné et entouré jusqu’au terme naturel de sa vie ?
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La canicule rappelle chaque année combien les personnes âgées et dépendantes ont besoin d’attention, de visites, de soins et de présence humaine.
C’est précisément dans ces moments de fragilité que la société est appelée à manifester le meilleur d’elle-même. Faire de la mort administrée une perspective politique au moment où les plus faibles sont les plus exposés ne peut que susciter un profond malaise. Les évêques de France ont rappelé avec force que la véritable fraternité ne consiste jamais à hâter la mort de celui qui souffre, mais à ne jamais l’abandonner. Une société fraternelle ne répond pas à la vulnérabilité par une injection létale. Elle répond par la fidélité, la compassion, les soins et la présence. C’est à cette hauteur que se mesure une civilisation. C’est aussi à cette hauteur que sera jugée la loi sur l’« aide à mourir ».


