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Le siège le plus convoité de France : qui succédera à Monseigneur Laurent Ulrich à Paris ?

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Entre noms qui circulent, réseaux qui s'activent, influences romaines, arrière-pensées politiques et future nomination du recteur de Notre-Dame, la bataille semble bel et bien engagée

Par Philippe Marie

Nous avions évoqué, dans nos précédents articles, les grandes manœuvres qui se préparent autour de la succession de Monseigneur Laurent Ulrich à Paris. Ce qui, pour une certaine presse, pouvait passer pour des spéculations « putaclic » n’en demeure pas moins un vrai sujet central pour l’Église de France. Depuis plusieurs semaines, à Tribune Chrétienne, nous recevons confidences, messages, courriers anonymes et appels téléphoniques passés sous anonymat express. Preuve que derrière les rumeurs se joue bien davantage qu’un simple changement de titulaire à l’archevêché de Paris.

Officiellement, rien n’est décidé. Officieusement, en revanche, chacun observe, chacun commente et chacun avance son favori. Monseigneur Laurent Ulrich atteindra prochainement la limite d’âge fixée par le droit canonique et devra remettre sa démission au pape Léon XIV. Si celui-ci n’est pas tenu de l’accepter immédiatement, rares sont ceux qui imaginent aujourd’hui un maintien prolongé de l’actuel archevêque.

Comme nous l’avions déjà indiqué, plusieurs noms reviennent avec insistance. La récente nomination de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort comme membre du Dicastère pour l’Évangélisation n’a fait qu’accélérer les spéculations. Ancien évêque auxiliaire de Paris, ancien secrétaire particulier du cardinal André Vingt-Trois, ancien président de la Conférence des évêques de France et archevêque de Reims depuis 2018, il présente un profil qui fait naturellement de lui l’un des prétendants les plus crédibles. Beaucoup interprètent cette nomination romaine comme un signe de confiance personnel de Léon XIV, susceptible de précéder un retour dans son diocèse d’origine.Si cette hypothèse venait à se confirmer, nombreux sont ceux qui estiment qu’il recevrait ensuite la barrette cardinalice lors d’un prochain consistoire. Sans être juridiquement automatique, cette distinction accompagne presque toujours l’archevêque de Paris, dont le siège demeure l’un des plus prestigieux de l’Église universelle.

Mais le véritable enjeu dépasse largement le seul choix du futur archevêque.

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Celui qui prendra possession de l’archevêché devra rapidement procéder à plusieurs nominations majeures, au premier rang desquelles figure celle du futur recteur de Notre-Dame de Paris. Depuis la réouverture de la cathédrale, redevenue l’un des sanctuaires les plus visités au monde, cette fonction a retrouvé une importance considérable. Le recteur de Notre-Dame, loin de faire l’unanimité, ne dirige pas seulement une cathédrale : il incarne, aux yeux de millions de pèlerins et de visiteurs, une part essentielle du visage du catholicisme français.

Comme nous l’avions déjà écrit, plusieurs noms circulent avec insistance : Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Monseigneur Matthieu Rougé, Monseigneur Vincent Jordy, Monseigneur Antoine Hérouard ou encore le cardinal François-Xavier Bustillo. À ce stade, aucun ne peut être considéré comme favori, mais tous sont régulièrement cités dans les milieux ecclésiastiques.

Mais, fait plus inédit, la politique semble désormais s’inviter dans cette succession pourtant ecclésiale.

Dans un récent article, Le Canard enchaîné évoquait ainsi Monseigneur Matthieu Rougé comme une personnalité identifiée à un certain courant et laissait entendre que plusieurs réseaux chercheraient à peser sur la future nomination parisienne. Au-delà de la polémique, cet article illustre une réalité : la succession de Paris suscite aujourd’hui des intérêts qui dépassent largement les seuls cercles ecclésiastiques. Car beaucoup y voient désormais bien davantage qu’une simple nomination épiscopale. C’est aussi l’affrontement de deux visions de l’Église et, plus discrètement, de deux univers politiques. Les réseaux s’activent, les influences se croisent, les soutiens se manifestent en coulisses. Certains candidats sont volontiers présentés comme plus proches des cercles du pouvoir, d’autres bénéficieraient d’une écoute plus favorable dans les milieux catholiques conservateurs.

Officiellement, personne ne revendique ces appartenances. Officieusement, chacun croit savoir où passent les lignes de fracture. Nous laisserons à nos lecteurs le soin de deviner quel prélat est réputé appartenir à quel courant.

À cette équation s’ajoute un autre facteur de poids : le départ annoncé du nonce apostolique en France, Monseigneur Celestino Migliore, résolument « anti-tradis », évoqué depuis plusieurs mois dans les milieux romains. Si cette évolution se confirmait après la visite de Léon XIV en France, prévue à la fin du mois de septembre, c’est une véritable recomposition qui pourrait s’opérer au sommet de l’Église de France.Le départ de l’archevêque de Paris. Celui du nonce apostolique. Et peut-être, dans la foulée, celui du recteur de Notre-Dame.Trois postes parmi les plus stratégiques du catholicisme français pourraient ainsi être renouvelés presque simultanément.

Comme toujours lorsqu’il s’agit des grandes nominations romaines, le secret demeure absolu. Mais une certitude s’impose déjà : derrière le choix du prochain archevêque de Paris se joue bien davantage que la désignation d’un simple évêque. Il s’agit de savoir quelle orientation Léon XIV entend donner à l’Église de France, quel visage il souhaite offrir à Notre-Dame de Paris et, peut-être, quel équilibre il veut instaurer entre des sensibilités qui, depuis plusieurs années, ne cessent de s’opposer.

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